mercredi 28 août 2013

Découverte de la vie monastique à l'Abbaye du Thoronet

Au début du XIIème siècle, l'ordre clunisien est à son apogée, et un dénommé Robert de Molesme, lui-même moine, décide de réformer cet ordre pour revenir aux règles plus strictes de Saint Benoit. C'est ainsi que fut créé l'ordre cistercien. Les moines cisterciens suivent les préceptes de Saint Benoît pour une meilleure vie en communauté dans les abbayes. En 1136, 12 moines ont quitté l'Ardèche afin de venir construire une nouvelle abbaye dans le Thoronet, dans le Var. L'une des règles de Saint Benoît est l'isolement et l'humilité: ils ont donc choisi un endroit isolé au cœur d'une forêt avec à disposition eau et pierre pour pouvoir construire et vivre par leurs propres moyens.  Le but de cet abbaye n'est pas de devenir populaire, et d'attirer d'autres moines, il n'est donc pas questions de fantaisies dans la décoration, ou la construction, il n'y aura pas peintures accrochées au mur ou de statues dans les jardins, quant aux vitraux, ils sont simples sans couleurs vives. La pierre locale n'était pas tendre, elle était aussi forte que le marbre, et il a fallu la tailler à la main et au ciseau.
 

I- Le cellier des frères (numéro 4)

Pour éviter que les moines et les frères ne se dispersent à l'extérieur du monastère, tout était mis en œuvre pour qu'ils soient indépendants. Ils cultivaient, avaient une ferme, un four à pain, des pressoirs et pouvaient ainsi faire leur huile d'olive, leur vin et leur pain. Une fois par semaine, ils s'autorisaient à manger du poisson mais jamais de viande, car ils suivaient un régime végétarien. La viande était donc surement revendue sur les marchés, et les moines récupéraient les peaux de bêtes pour en faire des parchemins. En général, c'était surtout la peau de mouton, qui était importante, d'autant plus que le monastère avait son propre scriptorium. Il faut savoir que les moines confectionnaient eux-mêmes leurs encres avec les pigments de la région, et le scriptorium était la seule pièce chauffée du monastère de façon à pouvoir utiliser les encres même en hiver. (Ce n'était bien sûr pas pour le bien-être des moines).

Imaginez donc les frères écraser le raisin avec leurs pieds dans le cellier pour en faire du vin.
Illustrations trouvée sur Wikipedia
 II- Le cloître (numéro 1)

Le cloître fait le lien entre les lieux de vie et l'église, il s'agit du cœur du monastère. Les moines s'installaient souvent dans les couloirs du cloître pour méditer ou pour lire. L'une des règles de Saint Benoît est le silence, les moines avaient l'interdiction de bavarder entre eux contrairement aux frères qui avaient cette autorisation. C'est pourquoi les bâtiments des frères (numéro 3 sur la carte) étaient séparés, afin de ne pas gêner les moines. Il n'avait donc que le bruit de l'eau qui coulait, puisqu'au fond du jardin se trouvait  le lavabo face à la porte du réfectoire aujourd'hui disparu. On disait que l'eau guérissait tous les maux.

III- L'église (numéro 2)

Ici aussi l'église a une configuration avec des lignes très épurées, sans artifices. Les fenêtres ont été construites à des endroits très précis, pour avoir une juste dose de lumière. Le haut plafond permettait de magnifiques vibrations lors des bénédictions cisterciennes. Aujourd'hui encore, l'Abbaye met en valeur cette pièce en organisant des concerts pendant l'été. La guide nous a aussi poussé la chansonnette, c'était inattendu et émouvant. 


IV- Photos en vrac


D'ailleurs même au milieu de la Provence, au fin fond d'une abbaye, j'arriverai à vous trouver un lien avec le Japon ^__^ J'étais surprise de lire qu'en été 2009, ils ont accueilli des moines bouddhistes du temple Daitoku-ji situé à Kyoto (quelle coïncidence...) pour un concert. C'était la première fois qu'ils quittaient leur temple. Dommage que j'ai loupé ça ! Cliquez ici pour écouter leur chant.

 Ou ici pour un chant grégorien

Une balade très agréable au cœur de la nature, qui vous permettra de tout savoir sur la vie monastique.

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